« Chaque aventure technologique, chaque avancée, dans notre métier, raconte une histoire. » 

Crée en 1989, EXTRACO Création a orienté ses activités vers la construction de maisons individuelles en 1993. Cette société de Haute-Normandie, située près d’Elbeuf, a réalisé vingt ans plus tard plus de 3 500 maisons En 2012, EXTRACO Création a reçu le trophée de l'excellence qualité décerné par l'organisme de certification qualité maison individuelle NF Cequami et, en novembre 2013, EXTRACO Création a obtenu la plus haute distinction, à l’occasion du Challenge des Maisons Innovantes de l’Union des Maisons Françaises. 

« Nous nous sommes rapprochés de la collectivité afin de trouver un terrain sur la commune de Grand-Couronne, près d’Elbeuf, en Seine Maritime, d’environ 10.000 habitants, explique Etienne Requin. Dessiné par l’architecte, le projet a été présenté aux partenaires industriels. Nous avons fait le choix, au-delà de la performance énergétique, de valoriser la ventilation naturelle et le stockage de l’énergie produite grâce, notamment, aux applications numériques Delta Dore. C’est un constat : les maisons à énergie positive produisent de l’électricité lorsqu’on n’en a pas besoin. Il faut donc la stocker pour les périodes de forte consommation. Nous avons estimé que chacun doit être capable de stocker un peu d’électricité pour sa propre consommation plutôt que la laisser filer vers le réseau. » Etienne Requin, grâce au concours d’industriels imaginatifs et innovateurs, a saisi cette opportunité pour sortir des lieux communs sur la maison Bepos : « La maison Bepos existe depuis dix ans et elle est devenue moins performante. Pour notre projet, nous nous sommes adressés à un producteur local de panneaux photovoltaïques – de Barentin - : France Watts. Ce qui compte, dans la maison à énergie positive, c’est d’utiliser l’énergie quand on en a besoin. Au lieu d’un hypothétique stockage de masse, notre projet privilégie le stockage individuel. Le problème, c’est le transport ! En alliant le stockage à la ventilation naturelle pour assurer le refroidissement l’été, on parvient à l’équilibre recherché dans la définition même du projet Comepos. » La maison ‘thermos’ est l’épouvantail des habitants : « Pour éviter ce phénomène, poursuit Etienne Requin, il est essentiel de travailler sur la ventilation. Velux planche sur ce sujet et développe la convection naturelle. Ils sont entrés, dans le cadre du Forum Partenaires de l’Union des Maisons Françaises, dans la boucle de la domotique avec Delta Dore. L’équipement, grâce à Delta Dore, se gère en automatique selon un scénario établi par l’usager. Ainsi l’hiver, on peut laisser les volets fermés. Ils s’ouvrent quand le soleil apparaît. Ce système permet d’accumuler les calories. Pour le stockage de l’énergie, nous travaillons avec Tesla et Bolloré. Il y a aussi des partenaires moins connus, référencés en Allemagne et dans les pays nordiques. »  

Valoriser l’entreprise 

C’est en étant connectée que la maison Bepos de 2020 sera pleinement performante : « La maison Bepos de demain est connectée pour les services qu’elle procure – chauffage, eau chaude, climatisation, bien-être des occupants – et pour sa contribution marginale à l’électricité collective. On pourrait imaginer qu’EDF recoure à cette production pour éviter les délestages pendant les pics de production… Le projet Comepos va précisément mesurer les performances des différents dispositifs. Il contribuera aussi à valoriser mon entreprise. C’est ce qui m’intéresse. Je crois qu’avec cette expérience nous pouvons nous adresser aux collectivités en leur montrant un véritable habitat performant, en termes de confort, de bien-être et de basse consommation énergétique. Chaque aventure technologique, chaque avancée, dans notre métier, raconte une histoire. Cette histoire, pour Extraco, je veux la bâtir autour du stockage de l’énergie. Mais je veux la raconter simplement aux clients potentiels et aux collectivités qui pourraient être intéressées. Il faut sortir du métalangage technologique sur ces questions d’environnement et d’économies d’énergie. » 

Renoncer aux postures idéologiques 

En matière de politique énergétique, le diable, pour Etienne Requin, se niche dans le sectarisme idéologique : « Il faut aussi renoncer à la posture idéologique qui nous a contraints à prendre le problème à l’envers : produire des kilowatts qu’EDF est obligé d’assumer au bout du compte. En fait, le problème initial remonte à la RT 2012 qui nous avait accablés d’injonctions contradictoires. Avec Comepos, nous commençons, nous, les professionnels, à maîtriser le sujet : pas d’impératif univoque, d’objectif unique, de règles égales pour tous en dépit des différences climatiques et du mode de vie des gens, selon les régions. En participant à cette initiative sur le long terme – le temps d’un quinquennat – nous proposons les meilleures solutions, dans un contexte donné, à nos clients. Et, à l’usage, nous en mesurons les résultats. » 

En termes de politique de lutte contre le changement climatique, le projet Comepos relève tout autant de la prévention que de la prévoyance : « A la veille du COP 21 et de ses incantations, nous privilégions une approche pragmatique dont les scientifiques, les chercheurs du CEA, sont tantôt les arbitres, tantôt les entraîneurs, souligne Etienne Requin. Chaque constructeur, dans cette affaire de Comepos, a son cheminement propre. Toutefois, il ne faudrait pas qu’un beau matin on nous annonce l’élaboration d’une RT 2016 ou 2018 qui découragerait les investissements. Comepos s’inscrit dans la durée et c’est la clé de son succès. L’ADEME devrait utiliser davantage son poids institutionnel pour rappeler l’importance de ce programme pour tout le secteur du logement. On est bien au-delà de l’expérimentation. Nous sommes dans la prévoyance. »

Première maison comepos

Vidéo de la première maison comepos !