Les enjeux de COMEPOS

 

Anticiper le saut qualitatif de 2020

Accompagné par L’ADEME dans le cadre du programme Energies Décarbonées des Investissements d’Avenir, le projet COMEPOS consiste à bâtir, dans la perspective du ‘bâtiment responsable 2020’ (RBR 2020), 25 maisons à énergie positive, dans l’ensemble de la France,   afin d’étalonner scientifiquement leurs performances et d’établir des références fiables pour leurs futurs occupants. Les dix premières seront construites sur les bases connues aujourd’hui. Cette initiative inédite en Europe mobilise les constructeurs de l’Union des Maisons Françaises, forts de leur expérience et de leur savoir-faire, les industriels partenaires qui apportent leurs innovations et les scientifiques du CEA, du CNRS, d’ARMINES et du CSTB, chargés de mesurer l’impact des choix constructifs sur le confort des maisons, les économies d’énergie et la réduction des émissions de CO2. C’est une démarche vertueuse et pionnière.

Prévoyance et anticipation

Deux mots autour desquels le projet COMEPOS s’est constitué, comme le souligne Christian-Louis Victor, le président de l’Union des Maisons Françaises, en réunissant les compétences d’horizons différents : « L’originalité du projet, c’est de mettre en œuvre la maison à énergie positive dans son contexte avec ses occupants. En mettant à l’épreuve de la science,  des techniques et les nouveaux procédés constructifs à l’échelle de la vie quotidienne des accédants, nous dessinons les lignes de force de la prochaine réglementation RBR 2020 ».

Etienne Wurtz, directeur de recherches au CEA,  qui pilote le projet, veille à sa rigueur scientifique, aux progrès futurs générés par le développement du concept « maison individuelle à énergie positive tous usages» dans le cadre de la RBR 2020 : « Nous avons pour mission, avec les constructeurs et les industriels, d’établir le référentiel qui déterminera le label  ‘Maison à énergie positive’. Pour atteindre cet objectif, nous proposons des indicateurs d’ordre énergétique – concernant le bâtiment et son interaction avec les réseaux -, d’ordre environnemental, des repères en termes de confort et de qualité de l’air en veillant à maintenir le coût de la maison dans des proportions économiques raisonnables.»

Fonder la RT 2020 sur des critères fiables

L’alliance originale entre les constructeurs et les industriels, sous l’œil avisé des scientifiques doit aboutir à la définition de critères fiables Comme le précise Etienne Wurtz, qui orchestre, avec Patrice Schneuwly, la partition COMEPOS : « Ce qu’on propose, c’est une batterie d’indicateurs. L’objectif de COMEPOS, c’est de pouvoir dire à ceux qui exprimeront leurs  futures exigences : ‘Voilà notre expérience’. »

Didier Demercastel, président-directeur de Chamois Constructeurs, ancré dans sa culture régionale, attaché à la tradition des anciens, ne voit pas d’antinomie entre l’héritage d’un métier à l’écoute de la clientèle et la vigilance scientifique : « Avec COMEPOS, nous pouvons travailler sur les analyses des scientifiques, anticiper et optimiser l’évolution de l’habitat. Au moins, nous ne sommes pas dans l’instantanéité des décisions politiques intempestives. Cela consacre les constructeurs comme le fer de lance de la qualité. Toutefois, on ne doit pas perdre de vue que le poids des normes incite souvent les clients à se tourner vers le moins cher. Il faut allier l’exigence scientifique de nos amis du CEA, d’ARMINES, du CNRS et du CSTB au savoir-faire ancien dont a hérité la maison individuelle. Tout en échappant aux lobbys ! Forts de notre métier, avec les chercheurs du CEA, nous pouvons fédérer les compétences et susciter un véritable intérêt pour la maison à énergie positive. »

Changer de manière de penser

Jean-Luc Rouillet, directeur opérationnel de la société Mas Provence, se félicite des retombées de la confrontation de son entreprise avec l’expertise scientifique et des relations nouvelles avec les industriels : « C’’est un temps plus long que celui de l’entreprise. Grâce à COMEPOS, nous avons l’opportunité de mettre en œuvre des solutions auxquelles nous n’avions pas songées avant. La découverte de crédits d’impôt, de financements différents n’est pas négligeable. »

Mas Provence va réaliser une première maison expérimentale : « Il faut que l’entreprise soit d’une certaine taille. Si tout le monde est en production, c’est plus difficile. Il faut aussi  changer de méthode pour tirer parti de cette manière originale de faire les choses. » Des rapports nouveaux s’établissent avec les industriels : « Nous dirigeons un orchestre composé des industriels partenaires. Les constructeurs et les industriels  deviennent ainsi une force de proposition. Les scientifiques étudient et paramètrent nos réalisations. Ils vont étalonner le travail, mettre plus de rigueur et introduire une approche plus universelle. »

L’ampleur du projet, dans cette communauté des talents, est aussi un facteur d’émulation : « Dans la plupart des réunions, nous sommes au moins une trentaine de personnes. J’étais d’abord surpris par l’exigence intellectuelle dans les échanges avec les ‘académiques’ – c’est ainsi qu’ils se nomment – et de leur volonté d’aller au bout de leur réflexion. L’entreprise ne vit pas au même rythme et ça nous fait du bien de prendre le temps de réfléchir : ça nous donne une autre dimension. »

Avec COMEPOS, les constructeurs deviennent co-producteurs du projet qui sera développé, dans les quatre ans à venir, dans des champs de recherche différents : « Jamais on a vu une telle concentration de compétences mettre en valeur la maison, constate Dominique Duperret, secrétaire général de l’UMF. La maison est désormais un vecteur reconnu du développement durable. »