En associant toutes les parties prenantes – industriels, constructeurs, académiques et résidents - à un tel défi, Comepos, il y a déjà quatre ans, anticipait cette révolution des mentalités et des usages devenue désormais une priorité nationale. Tous ses résultats sont scrutés afin d’assurer une efficience accrue des méthodes et des modes constructifs. La fiabilité de cette démarche, si elle doit beaucoup aux encouragements des industriels, à l’enthousiasme des constructeurs du LCA-FFB, repose surtout sur la vigilance et la contribution des ‘académiques’, ces scientifiques du CEA, d’Armines, du CNRS et du CSTB. Comme l’avait souligné Etienne Wurtz, le chef d’orchestre de cette philharmonie de la transition énergétique, au cours d’une récente réunion d’étape : « Nous ne sommes pas là pour obtenir des records, pour briller, mais pour atteindre la qualité de l’air et le confort énergétique à un coût du bâti raisonnable. Ce qui compte, c’est la reproductivité des solutions mises en œuvre, leur viabilité autant technique qu’économique ». La veille scientifique du projet Comepos, dont Etienne Wurtz, de l’Ines, a écrit la partition, permet de confronter, dans un climat d’écoute réciproque, d’échanges fructueux, les différentes techniques proposées par les constructeurs et leurs fournisseurs industriels. C’est plus qu’un banc d’essai car, pour la première fois dans ce type de démarche, au-delà du ressenti des occupants des maisons, leurs usages sont analysées. Toutes les innovations sont soumises à l’épreuve du réel.

Comme l’indique Stéphane Ploix, participant à cette expérience au titre du CNRS/G-SCOP, les indicateurs mis en place dans les maisons Comepos, permettent d’élaborer des outils pour mesurer les valeurs d’usage : « Nous sommes en train de développer un logiciel pour générer les indicateurs et surveiller les données. Les données de performances techniques, notamment sur la maîtrise de l’énergie, sont relevées par le CSTB et le CEA. Pour ma part, je travaille sur de nouveaux indicateurs sur les usages, les pratiques quotidiennes des occupants des maisons Comepos, en matière de chauffage ou d’utilisation de l’eau chaude. Ces données viendront s’ajouter à celles qui concernent les performances recueillies par Delta Dore et Vesta-System. »  

Fructueuses coopérations

Cette présence des indicateurs n’est pas intrusive. Elle est discrète et vite oubliée par les résidents des maisons. C’est encore une phase expérimentale d’amélioration des instruments d’analyse. « Nous élaborons une première version du logiciel, exploité sur trois maisons, partageable entre plusieurs partenaires, précise Stéphane Ploix. Nous travaillons en ‘open source’ pour induire une dynamique. Ce logiciel, développé par le CEA, est difficilement exploitable en l’état. Nous le mettons au point avec Vesta-System. Nous allons récupérer les données d’usage et les intégrer aux autres éléments fournis par les indicateurs. Nous sommes en version test pour voir ce qu’on parvient à lire et vérifier si l’on peut comparer les valeurs. C’est une phase importante pour les développeurs d’aboutir à une version partageable. C’est une dynamique qu’il faut soutenir par de bons outils partageables. »

Vesta-System, l’industriel partenaire, de développeur de ces indicateurs, est une jeune entreprise née en 2011. Tout va très vite, dans ces coopérations Comepos. L’optimisation des ressources énergétiques est le mot-clé de ses dirigeants : « Nous développons et intégrons des solutions logicielles d’aide à la décision, basées sur des méthodes d’optimisation, utilisées pour la conception et la gestion des systèmes énergétiques. Ces solutions s’appliquent dans deux marchés : la gestion des smart buildings et micro-grids, et la conception des systèmes électriques et mécatroniques. » VestaEnergy fournit, au jour le jour, des conseils personnalisés pour mieux consommer l’énergie. Ces conseils individualisés prennent en compte les prévisions météo, l’occupation réelle et les tarifs de l’énergie. 

Partager les savoirs

Pour Vesta-System, la ‘co-construction’ d’approches nouvelles sur des plates-formes comme Comepos est une seconde nature. Ainsi, sa coopération avec G2Elab. Né en janvier 2007 de la fusion du Laboratoire d’Electrotechnique de Grenoble, du Laboratoire d’Electrostatique et Matériaux Diélectriques, et du Laboratoire de Magnétisme du Navire, G2Elab couvre un large spectre de compétences dans le domaine de la Recherche en Génie Électrique. Avec plus de 100 personnels permanents, 110 doctorants et 50 masters, G2Elab s’impose dans ces domaines comme un acteur majeur au niveau national et international. G2Elab est un partenaire de Vesta-System pour l’ensemble de ses activités. Il est à l’origine de ses technologies mais surtout est un partenaire incontournable dans leurs évolutions.

G-SCOP, auquel appartient Stéphane Ploix, est un laboratoire pluridisciplinaire qui répond aux défis scientifiques posés par les mutations du monde industriel actuel et à venir. Le périmètre du laboratoire va de la conception des produits à la gestion des systèmes de production en s’appuyant sur de fortes compétences en optimisation. G-SCOP a fait naître une partie des technologies de Vesta-System. Mais il est surtout un solide partenaire pour ses futurs développements.